Qui êtes-vous ?

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reine d'un royaume intime. mère d'une princesse Leia. un entre-deux où je navigue. la nécessité absolue de poser des valises. Plaisir d'écrire, toucher des mots, jeu de cache-cache avec l'infini des images possibles.

vendredi 20 mai 2011

Une feuille, un stylo. Emballement instinctif spontané. L'activité est intense, trouvant son espace entre le geste machinal et l'évasion de la pensée. L'autre existe mais mis à distance subtile. L'écoute passive subsiste dans l'organisation addictive d'une protection rapprochée. Les œuvres commises resteront anonymes, la corbeille à papier annonce toujours la mise en demeure de nos gribouillis. Combien d'ectoplasmes grisés, de rhizomes osés, de damiers emboîtés se perdent dans le labyrinthe de nos brouillons? Témoignage gaspillé de nos émotions déguisées, entre mots subis, désaccords, convictions, émois joyeux ou lassitude empathique qui parsèment nos écoutes téléphoniques, nos rassemblements bureaucratiques, tous ces moments où l'on s'accorde un griffonnage sensuel et régressif pour échapper discrètement à une altérité trop conquérante. Rêver à une écriture aussi féconde tout en restant solitaire.

En l'absence de grimoire, la conversation téléphonique est une aubaine pour métonymie chorégraphique, tours et détours en écho à nos tracés facétieux.

mardi 10 mai 2011

Soupirs et postures. Se rassasier du génie humain quand la barbarie multiforme et ubiquiste éructe. S'étourdir, s'enivrer, se délecter. Merci Monsieur Gerschwin, vous doutiez du sérieux de votre musique alors qu'à cet instant même je me laisse transporter dans un voyage d'une exubérante douceur, traversant l'atlantique des années vingt, me jouant des dépressions tous formats confondus. Débarquer sur l'île aux larmes, être saisie par le vertige de la densité verticale, le cœur débordé par l'odeur âcre de la rue. Se lover dans l'élégance d'une divine clarinette libertine qui s'encanaille voluptueusement. Les béquilles nostalgiques m'entraînent dans le séduisant décalage d'un monde rêvé. S'enduire de paillettes en plongeant dans la piscine amniotique d'Esther Williams, trinquer à la prohibition, puis se réveiller à nouveau avec cataplasme brillant sur gueule de bois.

La vieillerie est en lien avec nos tristesses. Certaines larmes creusent leurs sillons tout en asséchant le terrain, d'autres, plus retenues, oxydent nos viscères. Seul antidote pour une meilleure régulation des flux, rire, rire aux larmes.