Qui êtes-vous ?

Ma photo
reine d'un royaume intime. mère d'une princesse Leia. un entre-deux où je navigue. la nécessité absolue de poser des valises. Plaisir d'écrire, toucher des mots, jeu de cache-cache avec l'infini des images possibles.

mardi 26 avril 2011

Spéculations nocturnes. Elle passe et repasse, s'attarde. L'imposant miroir mural invite à réfléchir. Combien d'images absorbées dans l'oubli? Combien de correspondances, d'échos, de reflets hantent l'unité féminine au travers des facettes de l'âge? Pur mirage. Elle observe, cherche, trouve des traces. Vitre ternie par une dentelle de larmes séchées, mémoires déshydratées qui se cachent sous les taches. La main machinale dessine des cercles, circonvolutions régulières où l'étoffe se mire. Retrouver la brillance, la clarté dans le rythme essentiel du geste sûr, délaissant les aïeules pour se concentrer sur la surface polie. La rêveuse regarde dans le miroir, fenêtre sur cœur, jardin intime. Écumer les dépôts à la surface de l'être. Au réveil, un bouquet de narcisse. L'allusion facile glisse en elle comme un sourire volé.

Épouvante réelle. Cristallisation interne qui en se brisant déchire le plexus de ses éclats acérés. Émotion astringente pour ces êtres plongés dans le trauma. Injustes parques pour un sinistre jour de pâques.

jeudi 14 avril 2011

Les riens et les choses. Ce n'est rien, ce n'est pas grand-chose. C'est trois fois rien, c'est peu de chose. Rien que ça?! C'est quelque chose! L'indéfinissable s'étire sous la langue et vient buter sur le palais. Indicible sédimenté. Du non-dit vers le non-écrit. Leçon de choses, aujourd'hui le castor. Bien connu pour son acharnement au travail et la construction salutaire de barrages. Le castor s'aménage un espace sécurisé, calme, à l'abri d'interférences. Nous y voilà. L'écriture ne peut que lutter contre son castor, perçant l'accumulation de sédiments, ouvrant une voie à la retenue involontaire, un accès à l'adresse intime. Et guérir d'une constipation mécanique qui assèche la matière, durcit l'obstacle, isole les mots. Somme toute, l'embourgeoisement du castor banalise nos presque riens, affermissant une lutte des classes minuscule pour un petit quelque chose. Sortons nos cahiers.

L'écart-type mesuré entre l'adolescent et ses parents disperse leurs valeurs. Le silence devient abandon, la parole intrusion. Navigation à vue entre respect et lien.

mercredi 6 avril 2011

Bonne nouvelle. Au bord de la réjouissance, l'énergie de l'enthousiasme file en douce, la modération inattendue de l'élan se localise organiquement. La chance lente fait vaciller la boussole affolée du corps anesthésié. Moelle soudainement farouche, apathie sanguine, engourdissement étourdissant. L'indéfini de la méduse en pleine eau gagne du terrain, sa lenteur transparente en suspens dans le courant. Brouillard incommode qui fige nos émois. Cependant, la patience attentive réchauffe l'imprévu. La badinerie bouillonnante pétille à nouveau, la libre effervescence frétille tel un poisson d'avril chargée de pensées heureuses pour mieux retrouver la fureur du vide à remplir. Pégase, sorti du sang de Méduse devenue gorgone pétrifiante, revient alors nourrissant l'imagination solaire et aérienne. Enfin.

Relire Gandhi, et s'attaquer au plan individuel avant le plan social et politique. Continuer d'y croire.