Qui êtes-vous ?

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reine d'un royaume intime. mère d'une princesse Leia. un entre-deux où je navigue. la nécessité absolue de poser des valises. Plaisir d'écrire, toucher des mots, jeu de cache-cache avec l'infini des images possibles.

jeudi 24 mars 2011

Jeux de dés. Désaffiliations humaines, dévaste japonais, débandade financière, déchirements populaires, les déroutes multiples nous engluent dans une désespérance poisseuse. L'énergie plombée dans les semelles, je tente d'avancer avec l'aisance archéologique d'un scaphandrier autonome. L'humanité s'enfonce dans une obscurité submergée de vagues successives. Les lois de quelques plus forts pervertissent les combats. Alea jacta est, les dés sont jetés. Les petits cubes, passe-temps favoris des chevaliers à la veille de nouvelles conquêtes, sont à l'origine probablement des osselets. Les jeux de hasard sont reliés à la mort suivi de la déliquescence des chairs d'une astragale, procurant de petits os prêts à défier l'ordre régnant le temps d'un jeu. "Dieu ne joue pas avec les dés". Selon Einstein, notre univers serait prédictible. Puis la physique quantique invita le principe de hasard et d'incertitude. Un peu comme au backgammon, des lois et de l'imprévu. Les dés seraient ils pipés? Jusqu'où la déraison? jusqu'où nos défaillances?

L'absurdité quotidienne brise l'effort de pensée en plongeant nos défenses dans la bouillie sidérante des préjugés. A déconfire.

samedi 12 mars 2011

Suivre et laisser. Entre héritage et donation, la trace inscrit l'être dans le temps. Déchiffrer et défricher. L'écriture s'entrelace dans la culture, elle façonne, affleure, emplit, laboure l'espace d'un champs. Singularité du geste qui peut tracer un sillon rugueux dans la terre ou une voie éphémère sur la buée d'une vitre. L'apprentissage vise une certaine harmonie normative, régulant le nombre de traits, la direction, la hauteur. Extraordinaire aventure des jointures qui laisse apparaître le mot puis la phrase. Une mise en ligne pour une mise au monde. Et dans cette filiation gestuelle comment ne pas être fasciné par le profond mystère du tracé entre excellence chorégraphique et embarras malhabile? La trace relie et sépare, individuation dans le choix de la page, du mur, de l'écorce, de la pierre, du sable, de la terre, dans ses excès de matière, de relief, de plein, dans ses manques, ses creux, ses vides. Onctuosité des signes, attaque anguleuse du caractère, la trace oriente celui qui écrit, celui qui lit. Du visible au lisible, points cardinaux pour ne pas être K.O. dans le chaos.

La cervelle inflammée par une marinade polonaise cultive une appétence pour l'emplâtre d'acide salicylique.