Qui êtes-vous ?

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reine d'un royaume intime. mère d'une princesse Leia. un entre-deux où je navigue. la nécessité absolue de poser des valises. Plaisir d'écrire, toucher des mots, jeu de cache-cache avec l'infini des images possibles.

lundi 28 février 2011

Les uns et les autres. Propices aux échappées de la pensée, les flâneries solitaires dans les contrées fréquentées la captivent. L'observation contemplative des alter ego à peine frôlés la renvoie aux multiples déclinaisons de son squelette identitaire. La certitude de son état-civil n'endigue pas l'impossibilité flagrante de se conformer à une dimension sociale, culturelle voire historique. Non adhésion palpable aux limites déclarées des clans, castes, classes. Orientation incommode dans les territoires nationaux, régionaux, urbains. Patiente elle répond à l'incontournable question sociale du faire et des appartenances par un déroulé de ce qui l'a façonnée, consciente de son impossibilité à quantifier, définir, cloisonner les patrimoines filiaux, géographiques, amoureux, culturels, imaginaires. L'interlocuteur se perd alors dans le dédale des attachements. Scrutant les allées venues, elle entrevoit le badinage des prépositions: elle vient de ... , n'appartient pas à ... , elle n'est pas de ... , elle vit à ...
De vous à moi, et cætera.

Les ailes de princesse Leia.
Sans L, je m'emmêle, et pourtant son zèle me remet en selle.

vendredi 18 février 2011

1,2,3 prêts? Penser! La mode des mots et la contagion verbale qui en découle touche depuis longtemps des friches sociales bien plus vastes que les champs adolescents. Une sémantique collective lisse allègrement l'illusion d'un individualisme épanoui, à en croire la profusion de service de bien-être à la carte. L'usage sélectif de vocables électifs institue un lien apparent entre membres anonymes. Le sentiment d'appartenance à cette communauté diffuse un état de réjouissance spontanée alors qu'un vaste programme d'injection pénétrante acclimate docilement à ce type de conditionnement. La nouveauté verbale conquérante agit comme une force de frappe d'une solide campagne de publicité. Conformité ambiante largement soutenue par des médias disponibles. Plus que cinq fruits et cinq légumes par jour, se nourrir de littérature affranchit du carnet de tendances standardisées qui s'autoproclame contestataire. Aspirer à un prêt-à penser qui nous éblouisse d'un défilé de mots créatifs plutôt qu'uniformiser nos matières sonores.

Le repos des guerrières après le conflit d'armées d'ovules inégales.

vendredi 11 février 2011

Notes d'écriture. Alors qu'un toucher, une odeur, un paysage parfois semble impossible à reconstituer sans stimuli, la facilité à restituer une musique par le chant est surprenante. Encore que la production sonore faciale et le plus souvent solitaire ne s'apparente pas vraiment au chant vocal. Murmure musical dont on s'enveloppe sans ouvrir la bouche qui s'efface sous les vibrations subtiles des narines buissonnières. Plus étonnant, l'absence de volonté dans l'acte, l'on se perçoit en état de chantonner alors que la connivence musicale nous échappe. Irruption triangulaire. Se préparer à manger sans l'envie de s'inviter, les pensées orientées vers l'objet de réflexion dominant. Mécanique rodée du corps qui se repère dans l'espace culinaire tandis que le raisonnement torture des neurones déchiquetées. Entre gestes désincarnés et ruminations sur investies, le tiers médiateur s'immisce. Et voilà comment l'évocation quasi nasale de Girls des Beatles suspend le temps alors que des oeufs commencent à croustiller dans la poêle et qu'aucune solution ne semble satisfaisante. Tel un bébé apaisé par le sillage de la voix de sa mère, porté par un mouvement reconnu et fidèle, chantonner crée des échappées du réel en le pacifiant. L'inconscient nous imprègne de ses notes. Tempo intime pour s'oublier, se détacher, flotter dans une autre présence.

L'illusoire refoulement d'un refrain détesté accable notre libre arbitre et conditionne notre humeur pour une entière journée.

vendredi 4 février 2011

Histoire de chapeau. Un petit coup de pouce, le gibus se transforme, ironie du par être social, "je suis grand, je suis haut, je suis en forme". Dans les manières de sentir nos matières à être, la mise en forme ne peut être réduite à l'action de ressorts mécaniques. Les métamorphoses de nos agir, de nos pensées, de nos substances redessinent les contours de notre rencontre à l'autre. Comment vas tu...yau de poêle? Pas très haut-de-forme. La familiarité argotique rejoint la norme sociale. Finalement nos échanges quotidiens contenus maintiennent l'empilement du rachis de notre personnalité tel un chapeau claque, et sans déverser sur l'autre nos ruminations matinales, nous devisons d'un accord tacite sur les aléas météorologiques.

L'adolescent serait tenté de laisser son enfance partir en fumée.