Qui êtes-vous ?

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reine d'un royaume intime. mère d'une princesse Leia. un entre-deux où je navigue. la nécessité absolue de poser des valises. Plaisir d'écrire, toucher des mots, jeu de cache-cache avec l'infini des images possibles.

mardi 15 novembre 2011

Lignes de la main.L'enfant s'applique à tracer le contour de sa main. Il la découvre, se reconnaît dans le gant ajusté, explore les empreintes répétées cherchant la clé de son langage. La main danse, touche, voit, caresse, à la lisière de soi et des autres. Le livre s'écrit depuis l'index qui pointe pour comprendre jusqu'à l'indicible quotidien qui percute nos nuits, secoue notre conscience matinale, divague dans nos soirées évasives comme une goutte d'eau voyageant dans la fissure érodée. Du plus profond parlé intérieur, la main accompagne le langage, compagnons indivis. Oscillations infinies entre douceur et force, fadeur et finesse. Du prendre au comprendre, le goût des mots se modèle comme l'argile sous la main. En hébreu la main se dit yad, le verbe connaître se dit yada. Parfois le mot yada veut dire aimer, prendre. Lignes de vie.

Jeux de main dans la cour. Découverte des sphères d'influences sociales. Pierre, feuille, ciseaux.

mercredi 19 octobre 2011

Entre folie et génie. L'usine est ouverte chaque heure, chaque jour, année après année. Pas de répit, un travail constant sur un sujet brûlant. Distribution des rôles, repérage des appartenances, bénédiction des communautés, singularité et unité des lieux, espaces, temps. Bien sûr du sexe, de la religion. Des douceurs à partager. Entre euphorie explosive et récession fébrile, le désarroi oppresse, les pannes inhibent, l'engagement sublime. Dans l'intimité des rêves, des images, sous la voute étoilée, être et être reconnu. Le grand Rex? Non, la fabrique de soi, dont les coulisses abritent trucages et effets spéciaux. Émois et moi, art et essais.

La lanterne magique éclaire, les regards s'éveillent.

lundi 26 septembre 2011

Quelques neutrinos véloces et voilà que de ci delà la tentation de mettre Einstein au rebut pointe le bout de son nez. Que la grande majorité des exclus de la pensée conceptuelle physicienne se rassure, l'évènement est de taille mais, osons le dire, relatif. Nos souvenirs lycéens par trop floutés maintiennent un niveau de discrimination des particules élémentaires très faible, essentiellement centré sur l'atome, électron proton neutron, sans s'aventurer dans le très infiniment petit. Parce qu'il s'agit bien du tout petit rien, le neutrino se rapproche du rien du tout. Ils sont partout, innombrables, insaisissables,  petits fantômes venus du fin fond de l'espace, cow boy solitaires traversant la matière en ligne droite. Imperturbables! Comment ne pas leur préférer les quarks? Ah les quarks, une autre histoire, tout petits bien sûr mais toujours en bande, très sensibles aux interactions, avec des saveurs aux noms évocateurs: étrangeté, charme, beauté, vérité, en haut, en bas... Il existe des anti-quarks, histoire de sublimer la confrontation. Ils éblouissent la minuscule neutralité, et revendiquent l'esprit joueur du créateur qui inspira leur baptême, James Joyce. 'Three quarks for Mr Mark' Finnegans wake.

Se laisser distraire par l'insignifiance imperceptible d'un tout petit rien. Méditer?

jeudi 8 septembre 2011

Excellents excès. L'ivresse délivre ses soupirs d'allégresse, la bouche livre ses sourires d'adresse. Vapeurs estivales. Se toucher, s'empoigner, se frotter, se troubler. Les houles se saoulent de tous nos vents, nos tempêtes, nos voix mêlées, nos peaux salées, nos moiteurs indécises. Rester en équilibre dans l'enveloppe nocturne. Chutes, amortis, glissades dans le discours, flottement des corps qui débattent nos mesures. Éclats de rire brillants dans la nuit.

 Le sobre ment-il?

 

dimanche 12 juin 2011

Cartographie saisonnière. L'adolescence s'apparente à un isthme, étroite bande de terre séparant deux mers et réunissant deux grandes étendues de terre. On devient mère d'un petit enfant, on devient mère de celui ou celle qui n'est plus un enfant. L'isthme est ce lien entre deux immenses espaces, l'enfance et l'après. Fragile parcelle exposée aux vents contraires de l'indécision et des engagements précoces. Lieu de rebonds entre le hors d'atteinte et l'enveloppe familière. De l'isthme à l'isme, l'adolescence est cernée par les concepts, cherchant ses propres tropismes, laissant glisser son curseur entre je m'en foutisme et jusqu'au boutisme. En plein développement personnel, le centre planté au cœur de l'égoïsme, l'adolescent ajuste sa portance.

Princesse Leia déploie ses ailes encore froissées, son rire lumineux pétille de bonheur irisé.

vendredi 20 mai 2011

Une feuille, un stylo. Emballement instinctif spontané. L'activité est intense, trouvant son espace entre le geste machinal et l'évasion de la pensée. L'autre existe mais mis à distance subtile. L'écoute passive subsiste dans l'organisation addictive d'une protection rapprochée. Les œuvres commises resteront anonymes, la corbeille à papier annonce toujours la mise en demeure de nos gribouillis. Combien d'ectoplasmes grisés, de rhizomes osés, de damiers emboîtés se perdent dans le labyrinthe de nos brouillons? Témoignage gaspillé de nos émotions déguisées, entre mots subis, désaccords, convictions, émois joyeux ou lassitude empathique qui parsèment nos écoutes téléphoniques, nos rassemblements bureaucratiques, tous ces moments où l'on s'accorde un griffonnage sensuel et régressif pour échapper discrètement à une altérité trop conquérante. Rêver à une écriture aussi féconde tout en restant solitaire.

En l'absence de grimoire, la conversation téléphonique est une aubaine pour métonymie chorégraphique, tours et détours en écho à nos tracés facétieux.

mardi 10 mai 2011

Soupirs et postures. Se rassasier du génie humain quand la barbarie multiforme et ubiquiste éructe. S'étourdir, s'enivrer, se délecter. Merci Monsieur Gerschwin, vous doutiez du sérieux de votre musique alors qu'à cet instant même je me laisse transporter dans un voyage d'une exubérante douceur, traversant l'atlantique des années vingt, me jouant des dépressions tous formats confondus. Débarquer sur l'île aux larmes, être saisie par le vertige de la densité verticale, le cœur débordé par l'odeur âcre de la rue. Se lover dans l'élégance d'une divine clarinette libertine qui s'encanaille voluptueusement. Les béquilles nostalgiques m'entraînent dans le séduisant décalage d'un monde rêvé. S'enduire de paillettes en plongeant dans la piscine amniotique d'Esther Williams, trinquer à la prohibition, puis se réveiller à nouveau avec cataplasme brillant sur gueule de bois.

La vieillerie est en lien avec nos tristesses. Certaines larmes creusent leurs sillons tout en asséchant le terrain, d'autres, plus retenues, oxydent nos viscères. Seul antidote pour une meilleure régulation des flux, rire, rire aux larmes.

mardi 26 avril 2011

Spéculations nocturnes. Elle passe et repasse, s'attarde. L'imposant miroir mural invite à réfléchir. Combien d'images absorbées dans l'oubli? Combien de correspondances, d'échos, de reflets hantent l'unité féminine au travers des facettes de l'âge? Pur mirage. Elle observe, cherche, trouve des traces. Vitre ternie par une dentelle de larmes séchées, mémoires déshydratées qui se cachent sous les taches. La main machinale dessine des cercles, circonvolutions régulières où l'étoffe se mire. Retrouver la brillance, la clarté dans le rythme essentiel du geste sûr, délaissant les aïeules pour se concentrer sur la surface polie. La rêveuse regarde dans le miroir, fenêtre sur cœur, jardin intime. Écumer les dépôts à la surface de l'être. Au réveil, un bouquet de narcisse. L'allusion facile glisse en elle comme un sourire volé.

Épouvante réelle. Cristallisation interne qui en se brisant déchire le plexus de ses éclats acérés. Émotion astringente pour ces êtres plongés dans le trauma. Injustes parques pour un sinistre jour de pâques.

jeudi 14 avril 2011

Les riens et les choses. Ce n'est rien, ce n'est pas grand-chose. C'est trois fois rien, c'est peu de chose. Rien que ça?! C'est quelque chose! L'indéfinissable s'étire sous la langue et vient buter sur le palais. Indicible sédimenté. Du non-dit vers le non-écrit. Leçon de choses, aujourd'hui le castor. Bien connu pour son acharnement au travail et la construction salutaire de barrages. Le castor s'aménage un espace sécurisé, calme, à l'abri d'interférences. Nous y voilà. L'écriture ne peut que lutter contre son castor, perçant l'accumulation de sédiments, ouvrant une voie à la retenue involontaire, un accès à l'adresse intime. Et guérir d'une constipation mécanique qui assèche la matière, durcit l'obstacle, isole les mots. Somme toute, l'embourgeoisement du castor banalise nos presque riens, affermissant une lutte des classes minuscule pour un petit quelque chose. Sortons nos cahiers.

L'écart-type mesuré entre l'adolescent et ses parents disperse leurs valeurs. Le silence devient abandon, la parole intrusion. Navigation à vue entre respect et lien.

mercredi 6 avril 2011

Bonne nouvelle. Au bord de la réjouissance, l'énergie de l'enthousiasme file en douce, la modération inattendue de l'élan se localise organiquement. La chance lente fait vaciller la boussole affolée du corps anesthésié. Moelle soudainement farouche, apathie sanguine, engourdissement étourdissant. L'indéfini de la méduse en pleine eau gagne du terrain, sa lenteur transparente en suspens dans le courant. Brouillard incommode qui fige nos émois. Cependant, la patience attentive réchauffe l'imprévu. La badinerie bouillonnante pétille à nouveau, la libre effervescence frétille tel un poisson d'avril chargée de pensées heureuses pour mieux retrouver la fureur du vide à remplir. Pégase, sorti du sang de Méduse devenue gorgone pétrifiante, revient alors nourrissant l'imagination solaire et aérienne. Enfin.

Relire Gandhi, et s'attaquer au plan individuel avant le plan social et politique. Continuer d'y croire.

jeudi 24 mars 2011

Jeux de dés. Désaffiliations humaines, dévaste japonais, débandade financière, déchirements populaires, les déroutes multiples nous engluent dans une désespérance poisseuse. L'énergie plombée dans les semelles, je tente d'avancer avec l'aisance archéologique d'un scaphandrier autonome. L'humanité s'enfonce dans une obscurité submergée de vagues successives. Les lois de quelques plus forts pervertissent les combats. Alea jacta est, les dés sont jetés. Les petits cubes, passe-temps favoris des chevaliers à la veille de nouvelles conquêtes, sont à l'origine probablement des osselets. Les jeux de hasard sont reliés à la mort suivi de la déliquescence des chairs d'une astragale, procurant de petits os prêts à défier l'ordre régnant le temps d'un jeu. "Dieu ne joue pas avec les dés". Selon Einstein, notre univers serait prédictible. Puis la physique quantique invita le principe de hasard et d'incertitude. Un peu comme au backgammon, des lois et de l'imprévu. Les dés seraient ils pipés? Jusqu'où la déraison? jusqu'où nos défaillances?

L'absurdité quotidienne brise l'effort de pensée en plongeant nos défenses dans la bouillie sidérante des préjugés. A déconfire.

samedi 12 mars 2011

Suivre et laisser. Entre héritage et donation, la trace inscrit l'être dans le temps. Déchiffrer et défricher. L'écriture s'entrelace dans la culture, elle façonne, affleure, emplit, laboure l'espace d'un champs. Singularité du geste qui peut tracer un sillon rugueux dans la terre ou une voie éphémère sur la buée d'une vitre. L'apprentissage vise une certaine harmonie normative, régulant le nombre de traits, la direction, la hauteur. Extraordinaire aventure des jointures qui laisse apparaître le mot puis la phrase. Une mise en ligne pour une mise au monde. Et dans cette filiation gestuelle comment ne pas être fasciné par le profond mystère du tracé entre excellence chorégraphique et embarras malhabile? La trace relie et sépare, individuation dans le choix de la page, du mur, de l'écorce, de la pierre, du sable, de la terre, dans ses excès de matière, de relief, de plein, dans ses manques, ses creux, ses vides. Onctuosité des signes, attaque anguleuse du caractère, la trace oriente celui qui écrit, celui qui lit. Du visible au lisible, points cardinaux pour ne pas être K.O. dans le chaos.

La cervelle inflammée par une marinade polonaise cultive une appétence pour l'emplâtre d'acide salicylique.

lundi 28 février 2011

Les uns et les autres. Propices aux échappées de la pensée, les flâneries solitaires dans les contrées fréquentées la captivent. L'observation contemplative des alter ego à peine frôlés la renvoie aux multiples déclinaisons de son squelette identitaire. La certitude de son état-civil n'endigue pas l'impossibilité flagrante de se conformer à une dimension sociale, culturelle voire historique. Non adhésion palpable aux limites déclarées des clans, castes, classes. Orientation incommode dans les territoires nationaux, régionaux, urbains. Patiente elle répond à l'incontournable question sociale du faire et des appartenances par un déroulé de ce qui l'a façonnée, consciente de son impossibilité à quantifier, définir, cloisonner les patrimoines filiaux, géographiques, amoureux, culturels, imaginaires. L'interlocuteur se perd alors dans le dédale des attachements. Scrutant les allées venues, elle entrevoit le badinage des prépositions: elle vient de ... , n'appartient pas à ... , elle n'est pas de ... , elle vit à ...
De vous à moi, et cætera.

Les ailes de princesse Leia.
Sans L, je m'emmêle, et pourtant son zèle me remet en selle.

vendredi 18 février 2011

1,2,3 prêts? Penser! La mode des mots et la contagion verbale qui en découle touche depuis longtemps des friches sociales bien plus vastes que les champs adolescents. Une sémantique collective lisse allègrement l'illusion d'un individualisme épanoui, à en croire la profusion de service de bien-être à la carte. L'usage sélectif de vocables électifs institue un lien apparent entre membres anonymes. Le sentiment d'appartenance à cette communauté diffuse un état de réjouissance spontanée alors qu'un vaste programme d'injection pénétrante acclimate docilement à ce type de conditionnement. La nouveauté verbale conquérante agit comme une force de frappe d'une solide campagne de publicité. Conformité ambiante largement soutenue par des médias disponibles. Plus que cinq fruits et cinq légumes par jour, se nourrir de littérature affranchit du carnet de tendances standardisées qui s'autoproclame contestataire. Aspirer à un prêt-à penser qui nous éblouisse d'un défilé de mots créatifs plutôt qu'uniformiser nos matières sonores.

Le repos des guerrières après le conflit d'armées d'ovules inégales.

vendredi 11 février 2011

Notes d'écriture. Alors qu'un toucher, une odeur, un paysage parfois semble impossible à reconstituer sans stimuli, la facilité à restituer une musique par le chant est surprenante. Encore que la production sonore faciale et le plus souvent solitaire ne s'apparente pas vraiment au chant vocal. Murmure musical dont on s'enveloppe sans ouvrir la bouche qui s'efface sous les vibrations subtiles des narines buissonnières. Plus étonnant, l'absence de volonté dans l'acte, l'on se perçoit en état de chantonner alors que la connivence musicale nous échappe. Irruption triangulaire. Se préparer à manger sans l'envie de s'inviter, les pensées orientées vers l'objet de réflexion dominant. Mécanique rodée du corps qui se repère dans l'espace culinaire tandis que le raisonnement torture des neurones déchiquetées. Entre gestes désincarnés et ruminations sur investies, le tiers médiateur s'immisce. Et voilà comment l'évocation quasi nasale de Girls des Beatles suspend le temps alors que des oeufs commencent à croustiller dans la poêle et qu'aucune solution ne semble satisfaisante. Tel un bébé apaisé par le sillage de la voix de sa mère, porté par un mouvement reconnu et fidèle, chantonner crée des échappées du réel en le pacifiant. L'inconscient nous imprègne de ses notes. Tempo intime pour s'oublier, se détacher, flotter dans une autre présence.

L'illusoire refoulement d'un refrain détesté accable notre libre arbitre et conditionne notre humeur pour une entière journée.

vendredi 4 février 2011

Histoire de chapeau. Un petit coup de pouce, le gibus se transforme, ironie du par être social, "je suis grand, je suis haut, je suis en forme". Dans les manières de sentir nos matières à être, la mise en forme ne peut être réduite à l'action de ressorts mécaniques. Les métamorphoses de nos agir, de nos pensées, de nos substances redessinent les contours de notre rencontre à l'autre. Comment vas tu...yau de poêle? Pas très haut-de-forme. La familiarité argotique rejoint la norme sociale. Finalement nos échanges quotidiens contenus maintiennent l'empilement du rachis de notre personnalité tel un chapeau claque, et sans déverser sur l'autre nos ruminations matinales, nous devisons d'un accord tacite sur les aléas météorologiques.

L'adolescent serait tenté de laisser son enfance partir en fumée.

vendredi 21 janvier 2011

Nations Unies, le 19 novembre 1988. Le point 31 de l'ordre du jour de la cinquante-troisième session des Nations Unies concerne la résolution suivante: 2001-2010, décennie internationale de la promotion d'une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde. Voilà, c'est terminé depuis le 31 décembre 2011. Nous pouvons continuer d'être submergé par le flot chaotique d'informations délivrées par le grand corps social malade. Tel ces jeux de dominos où de savants architectes ludiques provoquent la chute synchronisée de milliers en n'en agaçant qu'un seul. Nous pouvons continuer l'enlisement contagieux par un désengagement spirituel, la brutalité sidérante des faits divers, l'insupportable politique obscure nourrie de profits et d'intérêts mutilés, les incohérences climatiques barbares. Il est des jours où je me sens appartenir à une collection d'entomologiste, tête thorax abdomen exposés, ailes figées, une épingle vrillant mon centre. Peut-elle transpercer la larve de violence tentée par la colonisation de mes pulsions agressives fondamentales?

Les mères veillent, doutent, débattent et se débattent.

lundi 10 janvier 2011

L'indien et la méditerranée. Mon berceau millénaire s'illumine d'une invitation au voyage dans ces terres lointaines, mystérieuses, inconnues, terrain d'aventures des chasseurs d'épices. Les fées nomades ont tissé des routes, des sentiers, des pistes dans la chaleur d'un vent de désert, au-delà de sommets enneigés, sous le vol joueur d'oiseaux merveilleux, dans un souffle marin. Filleule de comptoirs et de quais envahis par les étoffes de couleurs vives qui inondent les férias provençales. Palmes, gouttes d'eau végétales, richesse rythmique d'un rêve luxuriant stylisé, contours exubérants et parfumés jusqu'à l'ivresse optique. Métissage des racines, graines, fruits, écorces, bourgeons, pistils dans le triangle préventif du bien-être oriental qui hume, palpe et nourrit. Et tard dans la nuit, le chant brisé des exilés de la mer du milieu porté par l'attaque rythmique d'un aïeul kathak dans la pénombre arabo-andalouse. Comme une écorce de cannelle, je m'enroule dans le châle de mes sensations, l'île en velours d'émeraude dodeline, caressant souvenirs, réminiscences, filiations.


Sur la route de la soie, des épices et pierres précieuses, j'aperçois un boutre fragile dont les cales débordent de tolérance et de sourires.