Qui êtes-vous ?

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reine d'un royaume intime. mère d'une princesse Leia. un entre-deux où je navigue. la nécessité absolue de poser des valises. Plaisir d'écrire, toucher des mots, jeu de cache-cache avec l'infini des images possibles.

lundi 29 novembre 2010

Rendez-vous avec l'inéluctable réalité de l'instant. L'avant et l'après se pulvérisent. Devenir soudainement une fragile béquille de la détresse, de l'insondable souffrance de nos proches. Continuer d'avancer pour ne pas les laisser s'écrouler, implacable survie d'une humanité dans l'effroyable silence d'un cœur qui cesse de battre.

Et dans l'impensable muet, le sécateur d'une Parques.

jeudi 25 novembre 2010

Pas de frivole froufrou pour fringuer dans le frimas. Fricandeau, frigousse et autres fricots pour satisfaire nos fringantes fringales. Frisson d'une friponnerie friande pour de frémissants frétillements. Le temps de la fronde unie contre la frigorique friche est venu. Révolutionnaire frimaire.

La réalité continentale enserre nos épaules. Le corps se hérisse sous la crispation glaçante. Un crépuscule humide dans la tête. Et la lenteur d’un mois qui ne s’écoule pas. Tiens, une journée formidable.

lundi 22 novembre 2010

L'accroche sonore d'une mine de graphite sur le papier me grise du bout des doigts. La matière surprend la souplesse dans la légèreté, durcit le poids dans sa sècheresse. Dans les pleins et déliés de nos lignes intérieures, des ancrages variés, des plumes oubliées. La courbure de nos desseins se perd dans une possible douceur de l'aléatoire. Calligraphies enchevêtrées, lettres du moi, de l'autre, du nous. Rythme syncopé du flux graphique. Geste arrondi ou angles répétés, la constance de l'écriture protège du vertige temporel. Suggestion : offrir un coffret de crayons pour un anniversaire, évènement qui revient tous les ans soulignant notre besoin vital de trace.

à l'ère du calame numérique, princesse Leia devient experte.

mardi 16 novembre 2010

Le bouquet oublié. Le souvenir de la délicatesse des mains harmonisant les fleurs reçues avec bonheur se dissipe, laissant le visuel d'un feuillage en décomposition adhérant au verre, de pétales fripées, et en prime une odeur entêtante de rabougri automnal. A quel moment se séparer des fleurs coupées? Le petit sursaut de vie végétale, qui dans un élan d'affection sensible nous comble, est voué à disparaître. Et pour maintenir la douceur du don, l'issue est différée. Pourtant la brassée de pivoines déjoue le soin palliatif floral. Son sensuel épanouissement échappe à toute complainte, offrant une beauté sensorielle qui s'arrondit dans le déclin et laisse place à un souriant étiolement.Il en est de même pour les saisons. L'obscurcissement progressif accompagné d'un délabrement de feuilles qui se détachent sans vie ligote l'automne. Comment ne pas évoquer les bouffées tanniques, les campagnes crépitantes, les fulminations humides? Aujourd'hui apprécier d'entendre la pluie fouetter la vitre qui m'abrite, laisser mon esprit musarder dans le rouge garance des vignes vallonnées avoisinantes et le fumet des mousses de chêne.

Princesse Leia construit ses socialités comme un architecte: recherche de volume, qualité environnementale, circulations relationnelles.

samedi 13 novembre 2010

États du corps. Les délimitations et indélimitations selon Francis Ponge. Par nos cinq sens, nous avons une connaissance de l'enveloppe charnelle, étoffe de nos perceptions qui construisent dans l'esprit l'image du corps. N'existe-il pas sous la peau un sixième sens capable de nous faire ressentir nos intérieurs? Un sixième sens dans l'intuition corporelle pour nourrir le suc relationnel et imaginaire. Fascinante et complexe réalité souterraine. Un sixième sens entre la pesanteur et l'apesanteur. L'expérience renvoie aux métaphores usuelles. Le cœur léger ou gros, un poids sur l'estomac, peser ses mots. Les mots du corps, corps et graphies.

Répéter un mot, encore et encore, jusqu'à l'évanouissement du sens, puis jouer avec l'objet sonore.

mercredi 3 novembre 2010

Phénoménologie des petits matins. Quand le souffle des anges invisibles tente d'alléger la pesanteur du repos, une ferveur captive les mains palpant l'oreiller. Le clair-obscur du nonchaloir matinal laisse émerger une déroutante fréquence de courts rêves. Au rythme des battements d'ailes, les errances saccadées du dorveille éloigne encore un peu la séparation de l'aube. Se lever, partir, chaque matin se pare d'une idée d'aventure. L'imagination s'empare du territoire. Se laisser glisser dans un jardin des sens, bientôt la blancheur du jour, le craquement des griffes félines, la chaleur du drap sur le corps, la douceur du peau à peau. Diane chasse Vénus. Violence inouïe des doigts s'écrasant sur l'effroyable réveille-matin.

Un grand-père de princesse Leia fut fondateur d'un cogito-club.

lundi 1 novembre 2010

Développement durable. Confrontée à un changement d'écosystème, il s'agit de trouver les ressources pour une adaptation nécessaire. Maintien de continuité dans la succession de petits changements ou choix de rupture avec le choc d'une grande perturbation? Pour sortir de l'inquiétude immobile qui maintient dans le doute, quel aiguillon va stimuler la transition? La poussée du pied sur la paroi de la piscine donne l'impulsion qui perdure dans la portance du corps à la surface de l'eau. Propulsion pérenne gratifiante. La métaphore demeure pénalisée par l'aversion difficilement quantifiable d'un pied timide découvrant une pataugeoire polaire avant de fouler le carrelage collectif pour atteindre le bassin d'exploit. Une nouvelle fois s'attaquer à un vide-grenier mental pour procurer l'élan vital.

Et puis parfois, là, l'impulsion d'un autre.