Qui êtes-vous ?

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reine d'un royaume intime. mère d'une princesse Leia. un entre-deux où je navigue. la nécessité absolue de poser des valises. Plaisir d'écrire, toucher des mots, jeu de cache-cache avec l'infini des images possibles.

mardi 26 octobre 2010

Le lac des cygnes. Derrière la façade académique relayée par des années assidues de sovietisme, le divertissement est balayé par la force symbolique. La musique nocturne de Tchaïkovski nous livre un romantisme dans l'entière violence de son mouvement. Visité, revisité par de brillants chorégraphes, le lac nourrit mes souvenirs, mes rêves, mes consciences. Manifeste d'une nature puissante et dangereuse, il appelle l'irrationnel, l'inconscient dans une intensité qui dévoile le trouble de l'inatteignable. Quand un cinéaste s'en inspire pour nous transmettre sa vision du sacrifice, de la foi comme engagement douloureux, du lien qui fonde une communauté, je suis submergée. Des hommes, des dieux, des artistes.

Le verbe grec lakein signifie déchirer. La filiation des mots burine nos ressentis. Le lac est une déchirure, lacération de notre écorce terrestre.

mardi 19 octobre 2010

Jour de pluie. Les gouttelettes d'eau grignotent la transparence du verre. L'épanchement crée une nouvelle matière. A la surface de l'être, des vallées tracées par l'écoulement de larmes. Les collisions silencieuses dans la rencontre de solitudes multiples épousent des reliefs érodés, anastomose d'espaces de connexions. La géologie pourrait nous renseigner. La cause de l'érosion linéaire est à chercher dans l'énergie du ruissellement. Or la maturité ne connaît pas de logique linéaire dans la topologie tourbillonnante de l'existence. Le visage porte les sédiments de nos face à face, le regard lavé éclaire les empreintes de notre altérité. Dans l'équilibre pendulaire des crues envahissantes et des assèchements délétères, une géodynamique peut nous guider dans nos formations, déformations, transformations.

Princesse Leia aime toujours rafraîchir sa joue en l'écrasant sur la vitre automnale, et suivre du regard le doigt qui dessine dans l'écho de son souffle.

jeudi 14 octobre 2010

Révolution. Poing serré vers le ciel criant sa victoire ou sa colère. Le rituel se transmet collectivement comme signe universel de reconnaissance d'une force. Les doigts repliés, cintrés par un pouce vigoureux s'élèvent, défiant l'angoisse latente des passants qui se croisent sans s'apercevoir. Le corps se manifeste alors par une légère régression dans la supposée agression. Le poing se referme près du corps, le pouce se cache dans une flexion automatique de nouveau-né. L'adaptation se veut sécurisante dans la recherche de chaleur tactile, dans la pression d'une douce douleur de ce pouce enfoui dans un cocon de doigts chauds presque étouffants. L'énergie se concentre dans l'invisible profondeur de la tension, le mauvais rêve éveillé ride la calme surface des apparences. En langue des signes, prendre et lâcher s'illustre avec le même geste, un poing fermé, seul le sens du mouvement change. Le lâcher-prise sémantique percute le non verbal de nos révolutions. D'un côté l'engagement dans une prise de position, de l'autre le relâchement nécessaire pour l'évolution.

Dans l'entre-deux, laisser ses doigts composer quelques mudras.

mercredi 6 octobre 2010

Le luxe ruine le riche et redouble la misère des pauvres. Diderot. Au-delà des dépenses somptuaires et du fastueux raffinement existe un défi qui repousse toute idée de morale dans un brouillard inter-galactique. Le luxe voyage dans la créativité et l'innovation. Espace-temps à retenir: Londres, 27 octobre 2010. En ce lieu, ce jour-là, sera vendue l'Aston Martin DB5, inoubliable voiture de James Bond. Les courbes frémissantes de la carène cache un dispositif anti-radar certes surévalué mais largement appréciable: plaques d'immatriculation pivotantes et de quoi mettre en rade tout un bataillon de police routière avec vaporisateur d'huile, épandeur de clous et générateur d'écran de fumée. Pourquoi ce cher Sigmund brandit si vite et avec force ses deux affiches fétiches, principe de plaisir, principe de réalité. Pur fantasme que le rêve d'invincibilité qui gagne le citoyen lambda au regard d'un compte en banque se réduisant à une peau de chagrin. Il s'invente alors une autre idée du superflu. La consommation nous consumerait-elle?

Pourrait-on immerger ses résistances dans un bain d'huile très chaude pour avoir le loisir de les voir s'arrondir, se bomber, s'ébouriffer, se dilater, s'offrir comme un grain de maïs se muant en une petite fleur de lys sonore?

mardi 5 octobre 2010

Injonctions paradoxales d'un service vocal interactif. Oui, Non. L'énonciation monocorde impose sa monotonie plombée. L'écouteur distille une suave voix féminine dont l'intensité lyophilisée rivalise avec une tessiture nivelée. Quel regard peut on associer à cette absence d'émotions? L'identité sonore formatée contrôle par sa rondeur anti-anxiolytique la perception d'une sympathie crédible. Pendant que je raisonne, la voix feutrée résonne. Armée d'une relaxation de carte postale, habile, elle me susurre l'idée d'évasion ramenée à une plage bordée d'un lagon tout en m'intimant l'ordre de réitérer ma réponse. Tel un bernard-l'hermitte assailli, se recroqueviller dans la coquille accueillante du passé, écouter le cliquetis de jeunes opératrices polies jonglant avec multiples prises pour faire fonctionner les premiers réseaux de téléphone manuel. Raccrocher, soupirer, encore.

L'idiotisme animalier a de beaux jours. Quelques conduites hermétiques tendent à souligner l'influence de l'huître.