Qui êtes-vous ?

Ma photo
reine d'un royaume intime. mère d'une princesse Leia. un entre-deux où je navigue. la nécessité absolue de poser des valises. Plaisir d'écrire, toucher des mots, jeu de cache-cache avec l'infini des images possibles.

mercredi 29 septembre 2010

Inventaire. Un œil de sainte Lucie dans toutes poches imaginaires, une mouche tsé-tsé apprivoisée, un manteau de plumes qui changent de couleurs, un bateau qui m’attend quelque part, une boîte à nuage, un miroir myope, un palangre magique, une cigale effrontée, des embruns gourmands, un pince-moi-je-rêve, des poids de suspension, des coffrets de larmes.
J’ai beau fermer le magasin toute une journée pour cause d'inventaire, l’humeur quotidienne sape le travail d’équipe.

L’allégresse de princesse Leia inonde et finalement noie le maussade enjouement de la reine-mère.

mardi 28 septembre 2010

Entre le vide immédiat de l'ennui et l'énergie projetée du désir, il y a l'attente. Plutôt une succession d'attentes. Bornes irrésistibles pour donner du sens au temps. Entre l'oubli ou le déni du dénouement et l'excédent fantasmatique, les fils d'attentes s'allongent, s'emmêlent, prêts à entrelarder notre rôti d'affects. La colère, impatience exacerbée, n'est qu'un accroc dans la toile tissée par l'attente. Perpétuelle oscillation suspendue entre doute et certitude. Le passé n'existe plus, l'avenir n'est pas réel. De vouloir pétrir le présent, fatigués nous sommes, dixit maître Yoda. Sortir alors son zafu et visionner les trilogies de Georges Lucas. Contre toute attente, à défaut de méditation, certaines médiations prévalent.

Pendant dix ans le chien Hachiko a attendu son maître décédé. Chaque jour, le chien fidèle se rendait à la gare de Shibuya, restant sans bouger au rendez-vous habituel. Quand la certitude attente à la vie.

lundi 27 septembre 2010

Dans la rue, le bourdonnement silencieux des soliloques piétonniers a laissé place à un barouf brouillé, monde des ondes oblige. Des bribes de dialogues unilatéraux envahissent l'espace, avec un cortège de sourires ou d'agacements selon l'état du récepteur. Blablabla exhibé de ceux arrimés à leurs téléphones comme on tête une cigarette. Des écouteurs, de la musique, imaginons ce déferlement lorsque le corps prendra le dessus. Chacun selon son rythme générant une chorégraphie, à l'arrêt de bus, en traversant, en se croisant. Bien sûr, on ne se regarderait pas plus, on ne communiquerait pas plus, mais l'observateur attentif serait comblé.

B.A. BA. Brel, Brassens, Barbara, Beatles, Bashung, Beethoven, Bach, Bernstein...
Balbutiement musical, Berceuses originelles pour un alphaBet infini.

vendredi 24 septembre 2010

Corps et Pondérance. Inclination à l'équilibre, à la nuance, à la balance et contrebalance. Filiation indémêlable de l'attitude à l'aptitude. Correspondance. L'impulsion du mouvement, élan vital, exerce sa fascination. Interruption brutale de mon monologue intérieur alors qu'installée dans une petite pièce sombre, je découvre les clichés affichés sur l'écran blanc trop lumineux. Troublante image fixe d'un corps exposé dont l'opacité floue des tissus soustraits brouille la légitimité du propriétaire. Comment donc, se reconnaître dans cette brumeuse structure de squelette qui apparaît comme un arbre isolé d'une forêt hivernale après fonte des neiges. Suspendue dans un temps et un espace transi, la radiographie anéantit la mémoire, infatigable travailleuse inscrivant nos faits, gestes, pensées dans nos corps. L'inconnue mathématique rayonnante révèle à la médecine une intimité déroutante. Se rhabiller, vérifier qu'aucune nouvelle technologie ne puisse sonder l'irréalité des propos privés, et faire alliance avec cette architecture avant qu'elle ne défaille. En un mot, pondérer.

On ne lui demande plus lors d'un examen s'il existe une possibilité de grossesse. L'appellerai t-on encore mademoiselle?

samedi 18 septembre 2010

Posture imposée impossible. Tordre, malaxer, occulter, déformer, reformer, continuer à faire semblant. Songe envahissant de celui qui ment sur sa nature. L'acte d'imposture en tant que survie se fracasse sur une ligne de démarcation floutée entre réel et imaginaire. Les difficultés d'être soi jouent à cache-cache avec certaines crises identitaires, l'imposture renvoie à la vanité de le nier. Soudain un psychisme individuel emporté dans la mise en scène d'une illusion collective vient pulvériser l'apparente cohésion. L'imposteur existe tant que l'autre y croit. Le dictionnaire reste une valeur sûre: impossible n'est jamais loin d'imposture.

Parade nuptiale autour du prince charmant. La faussaire contemple son masque dans le miroir. Que lui réserve son passé?

mercredi 15 septembre 2010

Zoom sur les fragments du quotidien où le corps cède au despotisme d'un maelström cérébral. Changements inconséquents d'itinéraire. Remonter quelques marches, les redescendre, gravir à nouveau avec célérité, dés-escalader dans un embarras envahissant. Le séditieux oubli se loge dans le cortex, perdu alors dans un étouffant vortex où la prise de décision s'apparente à un diagramme mesurant les variations de pression atmosphérique. L'irruption du déraisonné en public peut donner lieu à un recoiffage instantané, une justification orale indistincte, un sourire de complicité espérée... vous aussi, n'est-ce pas?
Parfois l'extinction de la minuterie provoque un arrêt sur image. Le noir fige l'inspiration, ouvre le regard, effleure le pavillon. Réveil des sens dans une ténébreuse cage d'escalier. L'alarme à l'œil dans l'obscurité prend en flagrant délit l'incontinence mentale et prononce la sentence du ridicule.

L'adolescent trouve le courage d'oser s'user dans la moelle de l'enfance.

mardi 7 septembre 2010

Les raisons de la colère. De la boursouflure individuelle à l'hostilité collective, le brouillage de repères dans le bazar environnant maintient ab irato. Le sentiment d'injustice nourrit le fléau de la courte folie. Jongleur à risque dans un ensemble de galimatias burlesques, il nous faut résister à la perte de mémoire et de sens. Pigmentation affirmée, souffle volcanique, colorature complexe, la mise en tension ne se soulage qu'à travers le cri. Voilà l'essence même du choléra de l'âme, incroyable ambiguïté du rapport soumission/insurrection. L'accessit passe par une affirmation de valeurs, pare battage à l'ignorance, aux allants-de-soi, aux projections, à toute manipulation des esprits. Se mettre à table et graver à infinitif présent sur son fronton: Lire, Écrire, Festoyer.

Plus que les stages de développement personnel le surinvestissement ménager peut faire office de décharge à moindre frais. Un anglais créateur d'aspirateur efficace quoique sonore l'a bien compris.

mercredi 1 septembre 2010

Rentrée scolaire, rentrée littéraire, rentrée des parfums. La mer encore conviviale, orage mélancolique, énormes vagues à sauter. Des fêtes pour retenir le temps. Éternelle école qui redessine son rythme, balise sur une route apparemment sûre et toujours inédite. Odeur des crayons, du papier, des cahiers neufs. Matière éphémère dont l'impalpable crée le voyage imaginaire. La sculpture olfactive prend le pouvoir du triangle sensation, émotion, représentation. Un vieux coffret en bois méconnu que l'on ouvre avec lenteur et transgression, boîte à trésors perdus. Enfance, langage, senteurs. Parfum source de plaisir, satisfaction physique et psychique dans une aura sensuelle choisie, proximité auto-érotique. Vent d'embruns, version minérale, terre chaude, résine précieuse, vapeurs orientales, myrrhe brûlée par le soleil, ambre hypnotique. Effluves corporelles absorbées et restituées par un bout de tissu. Il me semble que la couverture enfantine que j'enfouissais sous mon nez étoffait le berceau méditerranéen pour mieux exhaler ma pomme d'ambre. Le choix d'un parfum embrasse un parcours de découvertes, d'ombres successives. Pas de deux olfactif pour une enveloppe féminine complexe.

Princesse Leia s'initie aux secrets orientaux, khôl débordant chevelure parfurmée.