Qui êtes-vous ?

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reine d'un royaume intime. mère d'une princesse Leia. un entre-deux où je navigue. la nécessité absolue de poser des valises. Plaisir d'écrire, toucher des mots, jeu de cache-cache avec l'infini des images possibles.

vendredi 16 juillet 2010

Soupir.
Latitude : 49° 24' 23'' Nord, Longitude : 3° 35' 46'' Est.
Petit village français de 300 habitants situé dans l'Aisne, Picardie.
Les dénombrements ont de quoi faire soupirer, les dépouilles de 10637 Français, 11089 Allemands, 4851 Italiens ont été inhumées après la première guerre mondiale. Tragique notoriété pour ce lieu meurtri par une succession violente de combats, Soupir sera anéanti lors des batailles du chemin des dames en 1917. Deux siècles auparavant, noble villégiature, encore petit chemin emprunté par les filles de Louis XV, les dames de France. Au bonheur des dames. Vagabondage de l'esprit qui crée concordances dans l'invraisemblance du songe. Un siècle plus tard, un talentueux cardiologue inaugure un chemin de l'aine vers le cœur, régulant ainsi la zone émotionnelle des soupirs. Pour le plus grand bonheur d'une dame de cœur.

L'insatisfaction soupirante de l'adolescent comme indice sonore de l'hyperbole témoignant de son grandissement.

lundi 12 juillet 2010

Migrations héliotropes. L'émergence massive d'individus sous les pins dans la rigueur fabuleuse des rendez-vous annuels. Une vie quasi souterraine lors d'hibernation imposée qui peut choisir de jouer les prolongations. Les mues successives laissent apparaître les corps voués à une séduction solaire. Le grand bal musette peut commencer, beaucoup d'amour et peu d'eau fraîche, concert sur la plage, le grand jeu. Le temps d'un été. On pourrait résumer la vie des cigales à des années de labeur souterrain pour quelques semaines de festivités, et surtout combattre leur réputation d'inconstance diffusée par un célèbre fabuliste. Sensible au chant sonore des mâles et au devenir de l'espèce, je ne renie pas le paradoxe qui me pousse à valoriser le comportement de prédateur de mon chat qui aime à faire résonner la cymbalisation d'une malheureuse cigale au fond de sa gueule. L'éclat de fierté dans l'œil du lynx réduit à néant mon engagement au près des insectes suceurs de pinède.

Les flux migratoires peuvent aussi transformer n'importe quelle place de bord de mer en galerie des glaces. Royaume du cornet renversé, du parent irrité, de la sueur qui plaque le tee-shirt publicitaire. Le faste en moins.

mardi 6 juillet 2010

Histoire d'eau. Plouf. L'enfant trempe la main dans l'espace virtuellement humide qui relie les participants. Le geste associé à une parole rythmée désigne celui qui va être éliminé, écarté. D'allure démocratique, ce moment de jeu avant le jeu n'est soumis qu'en apparence aux lois du hasard. Les références monarchiques dévoilent la duperie tacite car si le roi et la reine ne le veulent pas...Le dominé se soumet volontiers, le meneur confirme son statut dégainant avec célérité son bras en criant prem's tout en ralliant déjà les autres dans son camp. Plouf. Un caillou qui chute dans l'eau, puis le jeu de poursuite se propage avec ses vagues et ondes d'émotions. Joie et peur d'atteindre l'abri, d'être rattrapé, de pourchasser. Acte fondateur dans la cour de récréation, coopérer ou s'opposer, individuellement ou collectivement. Et puis l'extraordinaire force du pouce vertical, les doigts repliés, pour indiquer son pouvoir à changer la situation. On aurait dit que. Ensuite les adultes deviendront bien plus manichéens en s'appropriant des icônes pouce en l'air, pouce en bas, j'aime, j'aime pas.

Se jeter à l'eau à la manière anglo-saxonne. Un splatch extraverti plutôt qu'un plouf de toilettes.

dimanche 4 juillet 2010

La mer, la barque, le soleil, le plaisir. Travelling arrière, quelques mois plus tôt, beaucoup de degrés en moins. Sur le môle, des passionnés qui ont l’immense privilège de posséder un bateau en bois. Une identité secrète que nul n’a besoin d’exposer, seule la reconnaissance des heures de plaisir et de labeur mêlées les lie. Chacun sait l’intimité méditerranéenne unique qui naît de ces humbles bateaux. Chacun se sent plus qu’un simple plaisancier, la barquette reste un bateau de travail, tous ont l’âme d’un pêcheur. On retrouve dans toutes ces embarcations une banaste pleine de palangrottes, un marteau à piadon, un salabre, un grappe à oursins, un girolier, parfois de quoi caler un palangre et quelques cannes pour la pêche à soutenir. Ce matin de fin d'hiver, tous sont loin du plaisir de la mer, occupés à poncer, gratter, racler, préparer, réparer, peindre. Ils râlent devant l’étendue du travail, parfois des dégâts, cherchent et inventent des solutions. Des hommes à la fois charpentiers, mécaniciens, peintres, heureux même fatigués de cet immense travail toujours à recommencer. Circuler entre les bateaux, retrouver les gestes appris en famille. Certaines barques n’ont qu’une couche fine d’algues vertes, elles naviguent et sont l’objet d’attention constante. D’autres plus casanières laissent entrevoir un travail d’investigation sur la coque, le moteur et préparent d’autres surprises aux bateliers. Saluer les travailleurs, acquiescer devant une sous-marine accomplie, grimacer face aux fentes d’un pont desséché par les coups de mistral successifs, interroger l’érosion des pales d’une hélice. S’attarder devant l’identité de chaque barque, le plus souvent un prénom qui compte dans la famille ou en Provence. Jacky, Mireille, Caprice, Calendo, Fiou pelan, Zette…
Eusèbe. Aucun ancêtre dans la famille sous ce patronyme. Seule la mémoire fait sourire, une voix paternelle annonçant je sors l’Eusèbe.

Se laisser glisser dans l'enthousiasme des évidences, apprécier la stabilité de l'horizon.

jeudi 1 juillet 2010

Besoin d'air. Accident de plongée socio-traumatique. Le placage de masque est un accident en descente, le volume d'air contenu dans le masque est comprimé jusqu'à provoquer un effet ventouse. Les mensonges ordinaires cimentent la vie sociale, la représentation continue, les mascarades s'étoffent. Des mondes parallèles s'élaborent de manière étanche, l'appartenance scelle l'acceptation voire l'imprégnation des codes établis dans l'art de paraître. Tentée par les chimères d'Alceste je veux qu'on soit sincère, je perçois le danger nécessaire à l'imposture malgré la colère interne. D'autant que mes propres frontières entre intime, privé, publique sont soumises à des réaménagements dignes du programme fédéral de la protection des témoins aux États-Unis.

45000 dollars. Adjugé. Prix de la vente aux enchères des radiographies des poumons et du bassin de Marylin Monroe. Confusion extrême.